Lundi, le 06 septembre 2010 . Déjà 155065 visites, actuelement 6 connecté(s)
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Opération Epervier : l’Etat ne lâchera rien Ce qu’il faut retenir de l’échange entre le Mincom et la presse,
notamment au sujet des précisions sur les questions de procédure, les
prétendues pressions de l’Exécutif sur la Justice, l’éventualité du
rapatriement de sommes détournées, etc.
• La conduite de l’opération
« Rien n’est laissé au hasard. » Pour le ministre de la Communication,
l’impulsion donnée par le sommet de l’Etat dans la lutte contre la
corruption n’est pas près de s’estomper. Bien au contraire. En ce
moment, affirme Issa Tchiroma Bakary, au niveau de l’Exécutif, « il y a
des dossiers ». Le combat contre les prédateurs de la fortune publique
ne date d’ailleurs pas de ces dernières années, a relevé le Mincom,
rappelant que dès son accession à la magistrature suprême, le président
Biya avait prôné rigueur et moralisation. La procédure est respectée,
assure le Mincom, qui déplore les écarts ayant pu se produire,
notamment lors de l’arrestation de tiers. Tout le monde a le droit à la
protection de sa dignité et bénéficie de la présomption d’innocence,
a-t-il rappelé.
• Des pressions sur la Justice
La Justice est jalouse de son pouvoir et de ses prérogatives, a
en substance déclaré le Mincom sur ce point. C’est donc par la négative
qu’il a répondu à la question portant sur d’éventuelles pressions que
l’Exécutif exercerait sur la Justice, relativement au traitement de
certains dossiers. « C’est un procès d’intention. Protéger la fortune
publique est un devoir sacerdotal pour tous », a dit le Mincom. Le
gouvernement, par le canal du parquet, peut initier des affaires, mais
dès lors que la phase de l’information est terminée, « la balle se
retrouve du côté de la Justice », sphère dans laquelle, réitère le
ministre de la Communication, le gouvernement ne se permet « pas
d’immixtion ». Et la Justice a, par ailleurs, indiqué Issa Tchiroma,
suit des procédures et « a son rythme ».
• Quid des fugitifs ?
C’est connu, un député en fonction, ancien ministre de son
état, a récemment quitté le pays. Il craignait, semble-t-il, d’être
interpellé. « Les frontières ne sont pas étanches », a regretté le
Mincom, tout en ajoutant que ce cas « a été l’exception. » Aujourd’hui,
garantit-il, le filet s’est resserré. « Tous ceux sur qui pend l’Epée
de Damoclès font l’objet d’une attention particulière. De jour comme de
nuit », a-t-il affirmé. Pour le cas du député sus-évoqué, poursuivra le
Mincom, « il y a des possibilités. On peut lancer un mandat d’arrêt
international » afin de le faire revenir au pays…
• Rapatriement des fonds
L’opération est possible. Mais, a d’emblée souligné le Mincom,
« ça va prendre du temps. » Cela dit, il y a bon espoir. Nombre de
missions diplomatiques et de pays amis sont disposés à aider le
Cameroun à « localiser » les lieux où des sommes détournées par des
compatriotes ont pu être planquées à l’étranger. A un stade du
processus, a expliqué l’orateur, il faudra que l’Assemblée nationale
vote une loi habilitant le président de la République à poursuivre
l’opération. Le journaliste souhaitant avoir une idée de la totalité
des deniers publics ainsi détournés n’a pas été satisfait. Le Mincom
n’a pas ce chiffre pour l’instant, et quand il l’aura, il le divulguera
seulement après avoir obtenu l’autorisation de le faire.
• Rembourser et sortir
Selon diverses informations qu’il a reçues, le gouvernement
s’est bâti une conviction : les Camerounais préfèrent que l’argent
détourné soit remboursé au lieu de voir des gens en prison. Rappel du
Mincom, le code pénal autorise ce genre de « transaction » entre le
juge et le prévenu. « C’est possible de négocier, relève Issa Tchiroma
Bakary. Parmi les prévenus, s’il y en a qui sont prêts à rembourser,
ils sont les bienvenus », a poursuivi le Mincom. Cette démarche
entraîne « l’extinction des poursuites». « La liberté est possible »,
a-t-il ajouté.
• L’Article 66, toujours
Issa Tchiroma a été le premier à en parler au cours du point de
presse d’hier. Des journalistes ont saisi la balle au bond pour
demander à quand son entrée en vigueur effective. Il n’y a pas encore
de décret d’application mais, d’après M. Tchiroma Bakary, « l’objectif
poursuivi » par cette disposition constitutionnelle, à savoir la
protection de la fortune publique, est en train d’être atteint par la
campagne anticorruption. Les gestionnaires du bien public faisant
preuve d’ostentation, d’étalage, savent désormais à quoi ils
s’exposent.
• Trop de structures contre la corruption ?
Ce n’est pas l’avis du Mincom. « Il n’y a pas pléthore. La
lutte contre la corruption est extrêmement âpre », va-t-il déclarer.
D’après Issa Tchiroma Bakary, « pour l’instant, il y a ce qu’il faut. »
D’ailleurs, ajoutera l’orateur, de nouvelles structures de lutte contre
la corruption peuvent même être créées, si elles permettent d’accélérer
le rythme contre le fléau. « Toutes ces institutions ont leur cahier de
charges. Chacune a sa raison d’être. Il n’y a pas d’empiètement de
compétences ». En d’autres termes, le Contrôle supérieur de l’Etat, la
Conac, l’Anif, l’Armp etc. jouent respectivement leur rôle dans cette
opération qui, a souligné le Mincom, n’est pas à tête chercheuse.